A la rencontre de l'aube.

 

Hier, je suis allé à la rencontre du jour. J’ai traversé la dernière heure de la nuit en marchant le long de la rivière aux Esclaves. Seul. Combien faisait il? -40oC avec le vent? J’ai marché vers l’aube, vers les gouttes de lumière qui s’étalaient sur l’horizon bleu. Bientôt, les étoiles ont disparu et le ciel s’est mit à scintiller comme de l’or.

Au loin, les rapides qui refusent encore de se faire prendre par la glace laissaient échapper une longue traine de brouillard givré.

Le temps n’existait plus.

Un grand faucon s’est envolé sans un bruit devant moi et est allé tourner au-dessus de la rivière. Il y avait une douceur dans ces instants que les mots ne peuvent pas traduire. C’est le mariage de la lumière et du silence, la douce euphorie de l’aube qui me faisait courir d’une photo à l’autre.